Quelles sont les meilleures solutions digitales de QVCT pour les entreprises ?
Les meilleures solutions digitales de QVCT sont celles que vos salariés utilisent vraiment, au moment où ils en ont besoin. Elles se répartissent en quatre familles : ressourcement (Petit BamBou, Headspace, SONAMÉ), accompagnement psychologique (moka.care, Qualicare), mesure du climat social (Cegid Wittyfit) et sport-santé (EGYM Wellpass). Aucune ne remplace une démarche QVCT : bien choisie, chacune la prolonge au quotidien.
Par Marie-Laure Bourgeois Publié le · 18 min de lecture
Dans une entreprise où j’ai travaillé, la qualité de vie au travail avait ses rendez-vous. Une séance de sophrologie de temps en temps. Des massages, parfois, dans une salle réservée pour l’occasion. Sur le papier, tout y était.
Pourtant, en regardant qui s’allongeait sur la table de massage, j’ai fini par comprendre. Ceux qui en profitaient étaient souvent ceux qui avaient le temps. Les autres, les plus sous l’eau, ceux qui enchaînaient les déplacements, passaient à côté. Plusieurs de mes collègues ont dû s’arrêter de longs mois, épuisés.
Depuis, quand on me demande quelle est la meilleure solution de QVCT, je retourne la question : qui va-t-elle durablement atteindre ?
Je dirige les Éditions Ressource, qui éditent SONAMÉ, une application de bien-être sonore. Autant que vous le sachiez avant de lire la suite. J’ai construit ce guide pour qu’il vous serve, quel que soit votre choix : les grandes familles de solutions, ce qu’en dit la recherche, une grille pour choisir, et même des alternatives gratuites.
Qu’est-ce qu’une solution digitale de QVCT ?
Une solution digitale de QVCT est un outil numérique, application ou plateforme, que l’entreprise met à la disposition de ses salariés. Il les aide à prendre soin de leur bien-être, donne la parole à leur ressenti ou facilite l’accès à un professionnel.
La QVCT, qualité de vie et des conditions de travail, est née de l’accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020. Ce texte élargit l’ancienne QVT. Il ne s’agit plus seulement du confort au travail, mais du travail lui-même : ses conditions, son organisation, la possibilité de le faire bien.
Ce qu’une solution digitale apporte à cette démarche tient en trois mots :
- la disponibilité : une ressource accessible à toute heure, au bureau comme à la maison ;
- l’autonomie : chacun pratique à son rythme, sans créneau à réserver ;
- la discrétion : personne ne sait qui utilise quoi, ni pourquoi.
Ce qu’une solution digitale n’est pas
Reste ce qu’elle n’est pas. L’Anact le rappelle sans détour dans une infographie consacrée aux idées reçues : la QVCT n’est pas une application bien-être au travail, ni des fruits en libre-service, ni une nouvelle déco pour la salle de pause. C’est une démarche collective, construite avec les salariés et leurs représentants.
L’INRS va dans le même sens. Pour prévenir les risques psychosociaux, il privilégie une démarche collective centrée sur le travail et son organisation. Les actions qui renforcent les ressources de chacun, comme la gestion du stress, sont parfois nécessaires, mais pas suffisantes.
Autrement dit : une application ne fait pas votre démarche QVCT. Elle la rend vivante au quotidien.
Pourquoi les entreprises s’équipent-elles aujourd’hui ?
Parce que les chiffres ne laissent plus beaucoup de place au doute.
Selon le baromètre Empreinte Humaine et Ipsos BVA publié en juin 2026, 50 % des salariés français sont en état de détresse psychologique, le plus haut niveau mesuré depuis la création de l’étude. Parmi eux, 83 % estiment que cet état est lié, au moins en partie, à leur travail.
Côté absences, l’étude 2026 de Malakoff Humanis relève un taux d’absentéisme de 4,3 % en 2025, en hausse de 25,5 % par rapport à 2019. Les arrêts de plus de 60 jours ne représentent que 9,4 % des arrêts, mais concentrent 63,8 % des journées d’absence.
Ces chiffres expliquent l’urgence. Ils ne disent pas tout.
Car le bien-être ne s’adresse pas seulement aux personnes qui vont mal. On peut aussi cultiver son énergie avant une journée chargée, retrouver sa concentration au milieu d’un open space, se préparer à une prise de parole importante. Les meilleures solutions accompagnent ces trois mouvements : ralentir, retrouver de l’élan, se concentrer. Et elles servent aussi les jours où tout va bien.
Quelles sont les principales familles de solutions digitales de QVCT ?
Ces solutions se répartissent en quatre familles, qui ne répondent pas au même besoin. Les opposer reviendrait à comparer une salle de sport et un cabinet de psychologue : les deux sont précieux, pas au même moment ni pour les mêmes raisons.

Le ressourcement : méditation, respiration, son
Ces applications proposent des écoutes guidées à pratiquer seul, quand on en ressent le besoin : méditation, exercices respiratoires, sophrologie, bains sonores. Elles misent sur l’autonomie et la régularité.
- Petit BamBou, référence francophone de la méditation, propose une offre entreprise par licences annuelles, avec un espace de gestion des accès.
- Headspace for Work, acteur international, réunit méditations guidées et contenus pour le sommeil dans une offre pensée pour les grandes organisations.
- SONAMÉ @WORK, que nous éditons, met le son au centre : sophrologie, préparation mentale, bains sonores, paysages sonores et méditations, avec des voix et des instruments 100 % humains.
L’accompagnement psychologique
Ici, l’outil numérique ouvre une porte vers un professionnel : psychologue, coach ou thérapeute, à distance ou sur place.
- moka.care associe sessions individuelles avec des professionnels, ateliers collectifs et contenus à pratiquer seul. Selon l’éditeur, 15 % des collaborateurs l’utilisent activement, contre 0,5 à 1 % pour une ligne d’écoute classique.
- Qualicare, la plateforme de Qualisocial, propose une ligne d’écoute psychologique 24 h/24, des rendez-vous avec des psychologues et un dispositif de signalement. Qualisocial est très présent dans le secteur public : le ministère de l’Agriculture lui a confié le soutien psychologique de ses agents en 2025.
L’écoute et la mesure du climat social
Ces plateformes ne s’adressent pas directement au bien-être de chacun. Elles donnent à l’entreprise une lecture régulière du ressenti des équipes, pour agir sur l’organisation.
- Cegid Wittyfit, conçu avec des experts en santé au travail du CHU de Clermont-Ferrand et des chercheurs du CNRS, réunit baromètre social, boîte à idées et tableau de pilotage.
Le sport et la santé physique
Face à la sédentarité, ces solutions facilitent l’accès à l’activité physique.
- EGYM Wellpass, anciennement Gymlib, ouvre un réseau de salles et d’activités, avec un abonnement cofinancé par l’entreprise et le salarié.
Le comparatif des acteurs
| Solution | Famille | Format | Modèle de tarif |
|---|---|---|---|
| Petit BamBou | Ressourcement | Écoutes guidées : méditation, respiration | 45,80 € HT par licence et par an pour 5 licences, 41,70 € HT dès 100 licences |
| Headspace for Work | Ressourcement | Méditations guidées, contenus pour le sommeil | Sur demande |
| SONAMÉ @WORK | Ressourcement | Écoutes immersives de 5 à 90 minutes, voix et instruments 100 % humains | 89,90 € HT par collaborateur et par an, dégressif selon l’effectif, essai gratuit sur demande |
| moka.care | Accompagnement psychologique | Sessions avec des professionnels, ateliers, contenus | Dès 1 € par collaborateur et par mois, ou dès 900 € HT par module |
| Qualicare | Accompagnement psychologique | Ligne d’écoute 24 h/24, rendez-vous avec des psychologues | Sur demande |
| Cegid Wittyfit | Mesure du climat social | Baromètre, boîte à idées, tableau de pilotage | Sur demande |
| EGYM Wellpass | Sport et santé physique | Accès à un réseau de salles et d’activités | Cofinancement entreprise et salarié, sans grille publique |
Relevé effectué le 20 octobre 2026 sur les sites des éditeurs. Les offres et les prix évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Les chiffres d’usage sont ceux déclarés par les éditeurs. Je ne propose volontairement aucun classement : je dirige les Éditions Ressource, qui éditent SONAMÉ, et je ne peux pas hiérarchiser des solutions dont l’une est la mienne.
Les applications bien-être au travail sont-elles efficaces ?
Oui, à une condition : qu’on les utilise. C’est ce que j’ai observé bien avant de créer SONAMÉ, et c’est ce que confirme la recherche.
Ce que montrent les essais en entreprise
En 2025, une équipe de l’université de Californie à San Francisco a suivi 1 458 salariés répartis au hasard en deux groupes (Radin et al., JAMA Network Open). Ceux qui pratiquaient la méditation sur une application pendant huit semaines ont vu leur stress perçu baisser nettement, et ce bénéfice tenait encore quatre mois plus tard. Les plus réguliers en retiraient le plus.
Quelques années plus tôt, une étude menée dans deux grandes entreprises britanniques avait proposé à 238 salariés des méditations audio de 10 à 20 minutes (Bostock et al., 2019). En huit semaines, ils ont amélioré leur bien-être et réduit leur tension au travail. Ils avaient pratiqué en moyenne 17 séances. Dans les deux études, l’application testée était Headspace.
Les pauses courtes comptent aussi. Une méta-analyse de 22 études (Albulescu et al., 2022) montre que des pauses de dix minutes ou moins redonnent de la vitalité et réduisent la fatigue. L’effet est modeste, mais réel.
Ce que l’on sait du son
Une méta-analyse de 104 essais et près de 9 600 participants (de Witte et al., 2020) montre que la musique réduit le stress, aussi bien dans le corps (rythme cardiaque, tension) que dans le ressenti. Les sons de la nature sont eux aussi associés à une baisse du stress (Buxton et al., 2021).
Pour la sonothérapie, les résultats sont prometteurs mais préliminaires. Après une méditation aux bols chantants, 62 participants ont déclaré moins de tension, de colère et de fatigue (Goldsby et al., 2017). L’étude ne comportait pas de groupe témoin : elle ouvre une piste, elle ne démontre pas encore.
La nuance qu’un DRH doit connaître
En 2024, un chercheur d’Oxford a comparé 46 336 salariés de 233 organisations britanniques (Fleming, Industrial Relations Journal). Les participants aux dispositifs individuels, applications comprises, n’allaient pas mieux que les autres.
Cette étude a de vraies limites. Elle photographie les salariés à un instant donné, sans mesurer leur état avant et après. Ceux qui vont moins bien participent souvent davantage, ce qui peut masquer un effet réel. Elle ne mesure ni la fréquence d’usage ni la qualité des dispositifs, et ses données datent de 2017 et 2018.
Elle ne prouve donc pas que les applications sont inutiles. Elle rappelle une chose essentielle : proposer un outil ne suffit pas. Il doit être réellement utilisé, et s’inscrire dans une démarche qui agit aussi sur le travail lui-même. C’est exactement la position de l’INRS.
Pour aller plus loin sur ce sujet : Comment aider ses collaborateurs à mieux gérer leur stress ?
Comment choisir la bonne solution pour vos équipes ?
En partant de vos salariés, pas du catalogue de l’éditeur. Une démo réussie ne dit rien de l’usage réel six mois plus tard. Voici les huit questions que je poserais à chaque éditeur.
| Critère | Pourquoi il compte | La question à poser à l’éditeur |
|---|---|---|
| Besoin couvert | Ralentir, retrouver de l’énergie, se concentrer, être écouté, bouger : ce ne sont pas les mêmes outils | Quels besoins votre solution couvre-t-elle, et lesquels ne couvre-t-elle pas ? |
| Usage réel | Une licence qui dort ne sert personne | Quel est votre taux d’activation, puis d’usage à 3 et 6 mois, chez des clients de taille comparable ? |
| Accès hors bureau | Les salariés nomades, sur le terrain ou en horaires décalés sont souvent les grands oubliés | Peut-on l’utiliser en déplacement, le soir, sans regarder un écran ? |
| Format | Chacun ne se ressource pas de la même façon | Audio, vidéo, texte, échange à distance avec un professionnel ? |
| Ce que voit l’employeur | Sans confiance, pas d’usage | Quelles données remontent à l’entreprise, et à partir de combien de participants ? |
| Contenus | Leur qualité fait revenir, ou non | Qui crée vos contenus ? Utilisez-vous des voix ou des musiques générées par IA ? |
| Mesure | Vous devrez rendre compte à la direction et au CSE | Quels indicateurs fournissez-vous, et sous quelle forme ? |
| Déploiement et tarif | Le temps de l’équipe RH a un coût | Quel délai, quel accompagnement, quel modèle de prix, quel essai possible ? |
Un repère essentiel sur les données
Sur les données, un repère essentiel : selon la CNIL, l’employeur et le service RH n’ont pas à détenir d’informations médicales sur le personnel, sauf accident du travail ou maladie professionnelle. Une bonne solution ne remonte que des tendances collectives et anonymes.
Pour orienter votre première recherche, voici la famille que je regarderais en premier selon votre priorité.
| Votre priorité | La famille à regarder en premier |
|---|---|
| Offrir une ressource pour souffler, se recentrer ou retrouver de l’élan | Ressourcement |
| Faciliter l’accès à un professionnel quand un salarié traverse une difficulté | Accompagnement psychologique |
| Comprendre ce que vivent vos équipes pour agir sur l’organisation | Mesure du climat social |
| Lutter contre la sédentarité | Sport et santé physique |
Ces repères viennent de mon expérience : ils ne constituent pas une prescription. Les familles se combinent souvent, une équipe très sédentaire gagnera par exemple à associer sport et ressourcement. Lorsqu’un salarié traverse une difficulté psychologique, l’orientation vers un professionnel de santé ou le médecin du travail reste la priorité.
Vous cherchez plutôt une application pour vous-même ? Ce guide vous aidera : Quelle application de bien-être choisir ?
Comment toucher les salariés qui n’ont jamais le temps ?
En faisant venir la pause jusqu’à eux, plutôt qu’en leur demandant de venir jusqu’à elle.
Je repense à mes collègues d’alors. Celle qui enchaînait les rendez-vous clients ne pouvait pas s’inscrire à un atelier du jeudi à 11 heures. Celui qui passait trois jours par semaine sur la route n’était jamais là le jour des massages. Ce n’était pas un manque d’envie. C’était une question d’agenda.
Trois choix changent alors l’usage.
Des formats courts
Les séances de sophrologie pensées pour le travail durent souvent moins de quinze minutes, juste le temps d’une pause. Les études sur les micro-pauses vont dans ce sens : dix minutes suffisent à retrouver un peu de vitalité. Les écoutes plus longues, une heure ou davantage, trouvent leur place le soir ou le week-end.
L’audio plutôt que l’écran
Un casque, les yeux fermés, et l’on s’isole, même en open space. On peut écouter en marchant, dans une salle vide, dans le train, ou sur une aire de repos, moteur coupé (jamais en conduisant, bien sûr). La vidéo, elle, retient le regard sur l’écran que l’on cherche justement à quitter.

Ne pas ajouter d’écran à la journée
Dans certains secteurs, les salariés passent déjà leurs journées devant un écran. Ce serait un comble qu’une solution de QVCT leur en ajoute. Une écoute que l’on lance puis que l’on oublie, écran éteint, respecte ce qu’ils cherchaient justement à quitter.
C’est pour ces salariés-là que nous avons choisi le son avec SONAMÉ. Mais ces trois questions valent pour toutes les solutions que vous examinerez.
Que propose SONAMÉ @WORK pour la QVCT ?
Le volet bien-être et QVCT de SONAMÉ @WORK offre à chaque salarié un espace de ressourcement sonore, et à l’entreprise une vision collective et anonyme du bien-être de ses équipes. Je vous le présente avec la même grille que les autres.
Nous l’avons créé, avec Sophie Balaguy, coach et cofondatrice, pour aider plus de personnes à la fois. Toutes n’ont pas le temps ni les moyens d’aller chercher une séance de sonothérapie ou un professionnel pour les accompagner dans une pratique respiratoire. L’idée : retrouver l’esprit de ce que l’on vit auprès d’un professionnel, accessible à tout moment.

- Besoin couvert. Trois intentions : COOL pour ralentir, s’apaiser ou mieux dormir, BOOST pour retrouver de l’élan, FLOW pour se concentrer.
- Contenus. Plus de 140 sons : sophrologie, préparation mentale, bains sonores, paysages sonores, méditations, hypnose, respiration contrôlée, dont des pistes de respiration de cohérence cardiaque.
- 100 % humain. De vraies voix, de vrais instruments, de vrais sons de nature. Aucune voix de synthèse, aucune musique générée par IA. Certaines écoutes sont sans voix, pour ceux qui préfèrent.
- Formats. De 5 à 90 minutes. Les séances de sophrologie durent volontairement moins de quinze minutes, pour tenir dans une pause. Le breathwork et la sonothérapie, plus longs, se vivent plutôt le soir ou le week-end.
- Un guide personnel. Sam pose quelques questions, tient compte des préférences de chacun et du temps disponible, puis recommande trois écoutes.
- Ce que voit l’employeur. Un tableau de bord de tendances collectives et anonymes, affichées uniquement à partir de 5 participants. Il s’appuie sur un questionnaire hebdomadaire où chacun indique son ressenti : stress, récupération et sommeil, concentration, bien-être émotionnel, motivation. Ces données sont déclaratives, elles reflètent un ressenti et non une mesure médicale.
- Confidentialité. Aucune donnée individuelle n’est transmise à l’entreprise. Aucun traceur, aucune donnée utilisée à des fins publicitaires.
- Déploiement et tarif. Un espace d’administration ouvert en quelques jours, sans installation technique, et des invitations envoyées par courriel. Le tarif se construit sur devis, de façon dégressive selon l’effectif. Un essai gratuit est proposé à l’entreprise sur simple demande.
Ce que SONAMÉ n’est pas
Ce que SONAMÉ n’est pas : un traitement, un accompagnement psychologique ou un dispositif de prévention des risques psychosociaux. Il ne remplace ni la médecine du travail, ni un professionnel. Son rôle est ailleurs : permettre à chacun de prendre soin de soi, y compris quand tout va bien.
Demander une démo de SONAMÉ @WORK
Comment déployer une solution digitale de QVCT dans votre entreprise ?
En six étapes, qui comptent autant que le choix de l’outil lui-même. Pour les rendre concrètes, prenons un exemple, imaginé pour l’occasion.
Imaginons une PME industrielle de 120 salariés. Un commercial passe ses semaines sur la route. Une assistante travaille en open space, entre le téléphone et les demandes de passage. Un responsable de production enchaîne les réunions et les urgences d’atelier. La DRH a déjà organisé deux ateliers de sophrologie : douze personnes sont venues, toujours les mêmes.

- Partir des besoins réels. Un court questionnaire ou quelques échanges suffisent. Ici, la DRH découvre que le manque de temps revient dans presque toutes les réponses, bien avant le manque d’envie.
- Associer le CSE dès le départ. La démarche gagne en légitimité, et les questions sur les données trouvent leur réponse avant le lancement.
- Tester avec des volontaires. Une trentaine de salariés, de profils variés, pendant deux ou trois mois. Le commercial écoute une séance de dix minutes à l’hôtel, le soir. L’assistante s’isole avec son casque pendant sa pause. Le responsable de production prépare sa réunion du lundi avec une écoute de préparation mentale.
- Embarquer les managers. Un manager qui en parle, ou qui pratique lui-même, lève bien des réticences. Sur ce point : Quels outils pour améliorer les pratiques managériales et le leadership ?
- Mesurer l’usage à trois mois. Combien de salariés activés, combien reviennent, quelles tendances collectives se dessinent. C’est l’indicateur qui compte d’abord.
- Ajuster, puis généraliser. Les retours du test nourrissent la communication interne et, plus largement, la démarche QVCT : ce que vous apprenez sur la charge de travail ne relève plus d’une application, mais de l’organisation.
Un principe traverse ces six étapes : l’usage reste volontaire. Imposer une pratique irait à l’encontre du principe même de bien-être. Pour nourrir l’envie de vos équipes au-delà de l’outil : Comment motiver ses collaborateurs ?
Quelles alternatives gratuites pour les petites entreprises ?
Quand le budget est serré, des ressources publiques permettent de poser les bases d’une démarche sans rien dépenser. L’INRS en signale plusieurs :
- votre service de prévention et de santé au travail, qui peut vous informer et vous conseiller sur la méthode ;
- le service prévention de votre Carsat, pour une information, une formation ou un appui méthodologique sur les risques psychosociaux ;
- l’outil en ligne « Faire le point RPS », conçu pour aider les petites entreprises à évaluer ces risques et à les intégrer à leur document unique.
Ces ressources ont leurs limites, et il faut les connaître. Elles vous aident à établir un diagnostic et à structurer votre démarche. Elles n’offrent pas à vos salariés une ressource à utiliser au quotidien, au moment où ils en ont besoin. Elles demandent aussi du temps à l’équipe dirigeante pour les mettre en œuvre.
Mon conseil : commencez par là. Une solution digitale prendra tout son sens une fois ce socle posé.
FAQ : quelles questions se posent les DRH sur les solutions digitales de QVCT ?
Combien coûte une solution digitale de QVCT ?
De quelques euros par salarié et par mois à des formules entièrement sur devis. En octobre 2026, Petit BamBou affiche par exemple 41,70 € HT par licence et par an dès 100 licences, et moka.care annonce des abonnements à partir de 1 € par collaborateur et par mois. SONAMÉ @WORK affiche 89,90 € HT par collaborateur et par an. La plupart des éditeurs, dont SONAMÉ, construisent un tarif dégressif selon l’effectif.
Le CSE peut-il financer une application bien-être ?
Le CSE gère les activités sociales et culturelles, qui peuvent inclure des activités de bien-être. Le traitement social et fiscal d’un abonnement dépend toutefois de la nature de la prestation. Le plus sûr est d’en parler avec l’expert-comptable du CSE avant de s’engager.
L’employeur peut-il voir les données de ses salariés ?
Il ne devrait jamais accéder à des données individuelles de bien-être. La CNIL rappelle que l’employeur n’a pas à détenir d’informations médicales sur son personnel. Les solutions sérieuses ne transmettent que des tendances collectives et anonymes, souvent au-delà d’un nombre minimum de participants.
Une application peut-elle remplacer un psychologue ?
Non. Une application aide à prendre soin de soi au quotidien. Un psychologue accompagne une difficulté. Si un salarié ressent une angoisse qui dure, un mal-être qui s’installe ou un sommeil durablement perturbé, il est essentiel qu’il consulte un professionnel de santé ou le médecin du travail.
Faut-il rendre l’usage obligatoire ?
Non. Une pratique de bien-être perd son sens dès qu’elle devient une consigne. Le volontariat, une communication claire et l’exemple des managers favorisent bien davantage l’usage.
QVT ou QVCT : quelle différence ?
La QVCT a pris la suite de la QVT avec l’accord national interprofessionnel de décembre 2020 et la loi du 2 août 2021. Le « C » de conditions déplace le regard : au-delà du confort, la démarche porte sur le travail lui-même et ses conditions de réalisation.
Une petite entreprise peut-elle proposer une solution digitale ?
Oui. Certaines offres démarrent à cinq licences, et SONAMÉ @WORK s’adresse aussi bien à une petite équipe qu’à plusieurs milliers de salariés. Le tableau de bord collectif s’affiche, lui, à partir de cinq participants, pour garantir l’anonymat.
Conclusion : et si la meilleure solution était celle qui vient jusqu’à vos salariés ?
Il n’existe pas de solution digitale de QVCT meilleure que toutes les autres. Il existe celle qui correspond à vos équipes, à leurs journées, à leurs contraintes. Et celle qu’elles utiliseront en fin de compte.

Je repense souvent à ces séances de massage auxquelles mes collègues les plus fatigués n’ont jamais pu se rendre. Ce jour-là, il ne manquait ni la bonne volonté ni le budget. Il manquait une ressource capable de les rejoindre là où ils étaient : sur la route, entre deux réunions, le soir, une fois la journée enfin posée.
Quelle que soit la solution que vous choisirez, posez-vous cette question : qui va-t-elle réellement atteindre ? Si la réponse inclut ceux qui n’ont jamais le temps, vous êtes sur le bon chemin. Celui qui permet à chacun, au cœur de ses journées, de revenir à soi.
Sources
- Accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020 pour une prévention renforcée et une offre renouvelée en matière de santé au travail
- Anact, 5 idées reçues sur la qualité de vie et des conditions de travail
- INRS, Prévenir les risques psychosociaux
- CNIL, Données sur la santé : un employeur peut-il les connaître ?
- Baromètre T16 sur la santé psychologique des salariés, Empreinte Humaine et Ipsos BVA, juin 2026
- Étude Absentéisme 2026, Malakoff Humanis
- Radin, R. M. et al., Digital Meditation to Target Employee Stress: A Randomized Clinical Trial, JAMA Network Open, 2025
- Bostock, S. et al., Mindfulness on-the-go: Effects of a mindfulness meditation app on work stress and well-being, Journal of Occupational Health Psychology, 2019
- Albulescu, P. et al., Give me a break! A systematic review and meta-analysis on the efficacy of micro-breaks, PLOS ONE, 2022
- de Witte, M. et al., Effects of music interventions on stress-related outcomes, Health Psychology Review, 2020
- Buxton, R. T. et al., A synthesis of health benefits of natural sounds and their distribution in national parks, PNAS, 2021
- Goldsby, T. L. et al., Effects of Singing Bowl Sound Meditation on Mood, Tension, and Well-being, Journal of Evidence-Based Complementary & Alternative Medicine, 2017
- Fleming, W. J., Employee well-being outcomes from individual-level mental health interventions, Industrial Relations Journal, 2024